Figures de femmes, Lectures

Félicité, la servante fidèle

Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l’Evêque envièrent à Mme Aubain sa servante Félicité.

Pour cent francs par an, elle faisait la cuisine et le ménage, cousait, repassait, savait brider un cheval, engraisser les volailles, battre le beurre, et resta fidèle à sa maîtresse – qui cependant n’était pas une personne agréable.

Voici résumée en quelques lignes la vie de Félicité dans la nouvelle Un cœur simple de Flaubert (extraite de ses Trois contes, parus en 1877). Une femme dont l’existence semble bien quelconque, sans exploit ni brillant, ainsi que l’auteur la décrit lui-même : « pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. »

Et pourtant, le romancier s’y intéresse et ce portrait, sérieux et sensible, devient même presque tragique à la fin quand Félicité âgée perd l’esprit et s’attache de manière inconsidérée à son perroquet Loulou. Le narrateur la respecte toujours et elle garde toute sa dignité. Elle retrouve la paix à ses derniers instants, et meurt comme elle a vécu : en toute discrétion.

Les mouvements de son cœur se ralentirent un à un, plus vagues chaque fois, plus doux, comme une fontaine s’épuise, comme un écho disparaît.

C’est vraiment une belle figure de service désintéressé : un cœur simple !

bonne

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